Publié par des membres du groupe d’Oxford en 1971, ce recueil rassemble treize essais révolutionnaires sur les droits des animaux. Son influence sera décisive sur l’émergence de l’antispécisme et la publication de « Animal Liberation » en 1975.
Le Groupe d’Oxford
Au cours de l’été 1969, la romancière et essayiste Brigid Brophy met en relation l’écrivain et psychologue britannique Richard D. Ryder (futur créateur du terme « spécisme ») avec trois doctorants en philosophie de l’université d’Oxford : Stanley Godlovitch, Roslind Godlovitch et John Harris. Ils seront bientôt rejoints par deux jeunes chercheurs en philosophie, Stephen Clark et Peter Singer, et quelques autres penseurs brillants.
Ce groupe informel d’une dizaine de personnes, alors connu comme le Groupe d’Oxford, devint l’un des moteurs intellectuels à l’origine de l’émergence de l’antispécisme et du mouvement contemporain pour les droits des animaux. En 1971, inspirés par l’article « The Rights of Animals » de Brigid Brophy paru en 1965 dans le Sunday Times 1, plusieurs d’entre eux entreprennent de réunir dans un même ouvrage les réflexions philosophiques et éthiques développées depuis la fin des années 1960 sur les relations entre les humains et les animaux non humains.
Animals, Men and Morals
Publié le 28 octobre 1971, « Animals, Men and Morals: An Inquiry into the Maltreatment of Non-humans » (Les animaux, les Hommes et la morale : Une enquête sur la maltraitance des non-humains) est dirigé par Stanley Godlovitch, Roslind Godlovitch et John Harris.
L’ouvrage réuni treize contributions, dont deux de Ruth Harrison et Brigid Brophy, qui examinent les implications morales de l’exploitation des animaux dans différents domaines, notamment l’élevage, l’expérimentation animale, la chasse et l’alimentation. Avec une rigueur remarquable, les auteurs entreprennent de défendre l’idée que les intérêts des animaux non humains méritent une considération morale qui ne saurait être écartée au seul motif de l’appartenance à une autre espèce.
Si l’ouvrage connaît une diffusion limitée lors de sa parution, son influence s’accroît progressivement au cours des années suivantes. La recension qu’en publie Peter Singer dans la New York Review of Books en 1973 contribue à faire connaître ses thèses à un public plus large. Singer reprend ensuite plusieurs des questions soulevées par le recueil dans « Animal Liberation », publié en 1975, ouvrage qui jouera un rôle majeur dans la diffusion internationale de l’éthique animale, rendant incontournable les idées de ces pionnières et pionniers.
Par la suite, plusieurs membres du Groupe d’Oxford poursuivent leurs travaux sur la condition animale à travers des publications académiques, des essais, des activités militantes ou des interventions dans le débat public 2. Leurs contributions continueront d’influencer le mouvement de libération animale et les réflexion sur les relations entre les humains et les autres animaux.
Une fois révélée toute la force de l’évaluation morale, il ne peut plus y avoir d’excuse rationnelle pour tuer des animaux, que ce soit pour l’alimentation, la science ou le simple plaisir personnel.
Animals, Men and Morals, 1971, Introduction 3.
Consulter le recueil « Animals, Men and Morals: An Inquiry into the Maltreatment of Non-humans ».
Notes et références
- Robert McKay, Brigid Brophy’s Pro-animal Forms, Contemporary Women’s Writing, Volume 12, Issue 2, July 2018, Pages 152–170, https://doi.org/10.1093/cww/vpx024
- The Collector, The Philosophy of the Oxford Group: Vegetarianism & Animal Rights [archive].
- Texte original : Once the full force of moral assessment has been made explicit there can be no rational excuse left for killing animals, be they killed for food, science, or sheer personal indulgence.
